INTERVIEW DE LUDOVIC, DJ ET MUSICIEN INDÉPENDANT

INTERVIEW DE LUDOVIC, DJ ET MUSICIEN INDÉPENDANT

  • Comment es-tu devenu entrepreneur ?

En fait j’ai un parcours très atypique, j’ai commencé à faire de la musique très jeune, j’ai toujours eu la chance de produire des groupes dans mon mini studio de l’époque, ou encore animer des soirées privées ! J’ai eu l’opportunité de développer un projet de radio avec mon meilleur ami et un jour j’ai été repéré par un professeur qui était animateur sur une « vraie radio » de la FM. De fil en aiguille pendant plus de 10 ans j’ai animé les émissions, et fait beaucoup de belles rencontres très enrichissantes ce qui m’a apporté plusieurs cordes à mon arc dans le domaine de la musique et des médias. Tout en continuant à animer des soirées  pour le compte d’une association, j’ai réellement pendant des années mené une « double vie » professionnelle et artistique. Au moment où la « balance » a plus pesé d’un côté (je terminais mon premier album e-pure) j’ai profité d’un plan social pour devenir entrepreneur et créer la SASU LH Sound Design.  Maintenant je suis à fond dedans avec un rythme très soutenu assumé et même si ça me prend énormément de temps je suis heureux et épanoui.

  • Quelles sont les qualités qu’un musicien en design sonore doit avoir selon toi ?

Je pense qu’avant tout c’est d’être à l’écoute (on est dans le son normal quoi !…) .  Il faut écouter les besoins des clients lors du brief et aussi pour le choix des instruments, des styles, et des émotions à faire passer. Par exemple en ce moment je travaille sur la composition de l’hymne du Festival 19 organisé par « Street Football World » et « Sport Dans la Ville » les briefings sont alors super importants, il faut écouter les équipes et réussir à traduire l’énergie que le client imagine et désire au plus profond de lui. La musique composée doit être en parfait alignement avec la façon dont les utilisateurs finaux se projettent lors des tournois. Le Design Sonore appliqué à l’entreprise ou l’événementiel c’est exactement comme une agence de communication visuelle. Il faut comprendre à fond son client pour répondre à ses désirs ou ceux de ses clients finaux, c’est de la séduction en quelque sorte. Par exemple quand on avait travaillé pour l’inauguration de Bel Air Camp avec saxophoniste Domenico Battaglia, ça a vraiment été un succès grâce aux briefs qu’on avait faits en amont avec les différentes agences de com et bookings. En fait, rien n’est simple dans l’artistique, d’autant plus que les rendus sont à la fois des créations uniques auxquelles l’artiste met beaucoup de sa personne, tout en assumant que les goûts et les couleurs sont très subjectifs.

  • Qu’est-ce qui est difficile dans la réalisation de tes projets, ton quotidien ?

Je ne dirais pas difficile, mais plutôt qu’il faut être vigilant à tous niveaux. Une chose à admettre, c’est qu’on n’est pas des machines, il faut savoir savourer aussi les temps de pause et les vacances. Quand tu entreprends tu peux tomber dans le vice du work-aholisme, toujours sur ton téléphone, ne pas décrocher du travail les soirs et week-ends et surtout à la limite de culpabiliser de ne pas être sur-humain. Quand on vit un métier-passion c’est pas facile de ne pas s’impliquer « corps et âme ». Enfin il faut vivre avec son temps car on peut rapidement être dépassé, à la fois par la technologie, mais également par la concurrence qui est de plus en plus accrue nombreuse et talentueuse. Je pense à l’arrivée du digital dans le monde des DJ’s qui a carrément tout changé et à laquelle notre industrie musicale a carrément dû s’adapter ! Au pire quoi qu’il arrive, la passion, le travail et l’envie sont irremplaçables, c’est ça la vraie valeur. Et comme disait Coco Chanel « prenez mes idées, j’en ai plein !»

  • Le concept de communauté artistique comme La Ruche te permet – il de « sortir de l’isolement » et d’augmenter ta visibilité ?

Je pense que La Ruche est un super concept, une réelle stimulation que je soutiens. Structurer un réseau artistique c’est génial, parce que ça regroupe des personnes d’univers et d’horizons différents ce qui permet de faire plein de fusions. J’ai rencontré à travers la ruche un artiste de la communauté qui fait de la programmation vidéo pour les spectacles ou encore une danseuse avec qui je compte vraiment travailler. La valeur ajoutée de La Ruche pour moi c’est le côté polyvalence multiculturelle, avec de la rigueur et une vraie structure. On a rencontré des avocats à Bel Air Camp et des professionnels donc il y a quelque chose de concret grâce à ça pour nous les artistes. La Ruche aux Artistes redonne sa légitimité aux artistes et leurs créations. Je suis très fier de faire partie de cette communauté et je suis content parce que ça avance, il y a des projets dans la musique et une super vibe ici. Cette communauté stimule la créativité et la nouveauté et c’est ça le plus important. Merci ! (ça va j’en ai pas trop fait? 🙂 rires…)

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